L’Autisme : ce que c’est (et ce que ce n’est pas !)

L’autisme, aussi appelé trouble du spectre de l’autisme (TSA), est un fonctionnement neurologique à part entière qui influence la perception du monde, la communication et les interactions sociales. Mais attention, ne croyez pas tout ce que vous voyez dans les films ! Non, toutes les personnes autistes ne sont pas des génies mathématiciens capables de résoudre une équation à 15 inconnues en deux secondes. Et non, elles ne vivent pas toutes recluses dans une bulle inaccessible.

L’autisme, un spectre aux mille couleurs

L’autisme n’est pas une case rigide dans laquelle on enferme quelqu’un. C’est un spectre. Imaginez une palette de peinture avec des nuances infinies : certains vont être hypersensibles aux bruits (les aspirateurs ? Des monstres !), tandis que d’autres chercheront constamment des stimulations (oui, ils vont peut-être aimer écouter de la musique à fond tout en secouant une jambe). Certains préféreront la communication écrite aux conversations orales, et d’autres auront une passion encyclopédique pour les trains, les oiseaux ou la composition chimique des savons (oui, c’est arrivé).

Stéréotypes et préjugés : on démonte tout !

  1. “Les autistes ne ressentent pas d’émotions”
    Ah bon ? C’est sûr que si on s’attend à une explosion de joie façon sitcom à chaque bonne nouvelle, on peut être surpris. Mais en réalité, les émotions sont bien là, parfois même très intenses, elles s’expriment juste différemment.
  2. “Les autistes sont tous des petits génies”
    Certes, certaines personnes autistes ont des capacités exceptionnelles dans des domaines précis. Mais d’autres ont des compétences plus ordinaires, et c’est tout aussi respectable ! On n’exige pas des personnes non autistes qu’elles soient toutes Einstein, alors pourquoi le faire ici ?
  3. “L’autisme, c’est un problème à corriger”
    L’autisme n’est pas une maladie à soigner, mais une façon différente d’être au monde. Ce qui pose problème, c’est souvent l’environnement qui n’est pas adapté (bruit, lumières agressives, attentes sociales floues…).
  4. “Les autistes ne savent pas communiquer”
    Faux ! Les personnes autistes communiquent, mais pas toujours comme on l’attend. Certaines préfèrent l’écrit, d’autres utilisent des supports visuels, et beaucoup ont une communication franche et directe (ce qui peut surprendre, mais au moins, pas d’hypocrisie !). Dire ce qu’on pense sans détour, ce n’est pas un manque de communication, c’est une autre manière de le faire.
  5. “Les autistes préfèrent être seuls”
    Ce n’est pas qu’ils veulent être seuls, c’est qu’ils préfèrent souvent des interactions de qualité à du bavardage superficiel. Autrement dit, une conversation passionnée sur l’histoire des tramways d’Europe est un moment génial, alors que parler de la météo ou de “ce que tu as fait ce week-end” peut sembler aussi intéressant qu’un débat sur l’évolution des chaussettes à pois au XIXᵉ siècle.

L’autisme dans la vie quotidienne

  • Au travail : Une personne autiste peut être ultra-efficace sur une tâche précise, mais avoir du mal avec les pauses café et le “small talk” (parce que discuter du temps, franchement…). Adapter l’environnement avec des consignes claires, un espace calme et une communication adaptée peut faire toute la différence.
  • Dans le couple : L’amour est là, mais il peut s’exprimer autrement. Un “Je t’ai réparé ton ordinateur” peut être une magnifique déclaration d’amour, bien plus sincère qu’un “Je t’aime” lancé par automatisme !
  • Dans la famille : Les repas de famille bruyants, les fêtes surprises, le contact physique imposé… Autant d’éléments qui peuvent être source de stress. Anticiper, laisser des temps de pause et respecter les besoins sensoriels, c’est la clé.
  • Les loisirs et sorties :
    Imaginez une sortie entre amis. Vous proposez une balade au parc, un musée tranquille, ou une session de jeux vidéo en ligne. Mais non, quelqu’un suggère un festival en plein air avec 5000 personnes, de la musique à fond et des lumières stroboscopiques. Félicitations, vous venez d’organiser un cauchemar sensoriel. Alors oui, les personnes autistes aiment sortir, mais dans des lieux adaptés : un café calme plutôt qu’un bar bondé, un cinéma avec une séance “doux pour les oreilles” plutôt qu’une boîte de nuit où il faut hurler pour commander un verre.

Alors, on en parle autrement ?

L’autisme, ce n’est ni une tragédie, ni un super-pouvoir. C’est une autre manière d’être au monde, avec ses défis et ses forces. Mieux comprendre l’autisme, c’est mieux inclure, mieux communiquer et surtout… arrêter de croire que tous les autistes sont des copies de Sheldon Cooper ou Rain Man.

Ce qu’il faut retenir, c’est que l’autisme n’est pas un bug dans le système, c’est juste un autre système d’exploitation. Et comme avec n’importe quel OS, ce n’est pas en essayant de le forcer à fonctionner comme les autres qu’on va en tirer le meilleur. Alors, si on essayait plutôt d’adapter le monde à toutes les façons d’être humain, et pas l’inverse ?

Et la prochaine fois que vous rencontrez une personne autiste, évitez le bingo des clichés (“Ah, tu es autiste ? Mais tu parles !” – oui, et je sais aussi faire des crêpes). À la place, pourquoi ne pas juste… lui demander ce qu’elle aime, comment elle fonctionne, et voir où la conversation vous mène ? Avec un peu de curiosité et de bienveillance, on a tout à y gagner.