Les troubles associés à l’autisme

Quand les comorbidités s’invitent à la fête

L’autisme, c’est déjà une aventure en soi, mais il est rarement un invité solitaire. Il arrive souvent accompagné d’autres troubles, appelés comorbidités, qui compliquent parfois un peu (beaucoup) la vie des personnes concernées. Jetons un œil à ces « plus-un » que personne n’a vraiment invités, mais qui se pointent quand même.

1. Les troubles anxieux : quand l’inquiétude ne prend pas de vacances

Les troubles anxieux font partie des compagnons de route les plus fréquents des personnes autistes. En effet, les adultes autistes sont plus de deux fois plus susceptibles de recevoir un diagnostic de trouble anxieux que les adultes neurotypiques. Phobie sociale, anxiété généralisée, crises de panique… l’éventail est large.

L’anxiété peut être déclenchée par l’imprévu, les interactions sociales ou encore les stimuli sensoriels envahissants. Imaginez une personne autiste qui entre dans un supermarché bruyant avec des néons agressifs et une foule dense : c’est un cocktail parfait pour une montée de stress.

2. Les troubles du sommeil : À la recherche du sommeil perdu (spoiler : toujours pas trouvé)

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Les troubles du sommeil : Enchaîner les réveils, un sport nocturne

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Les troubles du sommeil : Autiste, un sport nocturne

Si vous dormez mal, imaginez ce que ça donne quand les cycles de sommeil sont encore plus chaotiques. Entre 40% et 80 % des enfants autistes ont des troubles du sommeil, et cela peut persister à l’âge adulte.

Difficultés d’endormissement, réveils nocturnes fréquents, sommeil non réparateur… Résultat : une fatigue chronique qui n’aide ni à gérer les émotions, ni à fonctionner correctement au quotidien. La mélatonine, hormone du sommeil, semble jouer un rôle clé : son dérèglement pourrait expliquer en partie ces troubles.

3. Les troubles de l’alimentation : l’art (ou la galère) des repas

L’alimentation peut devenir un véritable casse-tête. Entre sélectivité alimentaire extrême (certains enfants autistes ne mangent que des aliments d’une couleur ou d’une texture précise) et hyperréactivité sensorielle (les bruits de mastication ou certaines odeurs peuvent être insupportables), les repas peuvent vite se transformer en épreuve de force.

Environ 70 % des enfants autistes ont des comportements alimentaires atypiques. Certains peuvent refuser tout aliment mou, d’autres ne manger que du sec et croustillant. Dans les cas extrêmes, cela peut conduire à des carences nutritionnelles nécessitant un suivi diététique.

4. Le TDAH : turbo ou hors-piste ?

Le Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) est très fréquent chez les personnes autistes, avec une prévalence estimée entre 30 et 60 %. Il se manifeste par une impulsivité marquée, une grande difficulté à se concentrer et parfois une hyperactivité difficile à canaliser.

Cela peut compliquer l’apprentissage scolaire, la gestion du quotidien et les interactions sociales. Imaginez essayer de tenir une conversation tout en étant bombardé par dix notifications sonores, une musique en fond et un néon qui clignote… Voilà à quoi peut ressembler une simple discussion pour une personne avec autisme et TDAH.

5. L’épilepsie : un invité surprise

Des recherches récentes ont approfondi la relation entre l’autisme et l’épilepsie. Une méta-analyse a notamment révélé une prévalence de l’épilepsie de 7 % chez les enfants autistes et de 19 % chez les adultes autistes, cette proportion augmentant avec l’âge. De plus, la prévalence de l’épilepsie est plus élevée chez les personnes autistes présentant une déficience intellectuelle.
Une prévalence bien plus élevée que dans la population générale. Elle peut se manifester sous différentes formes : crises tonico-cloniques impressionnantes, absences brèves ou spasmes involontaires.

6. La dépression : l’ombre au tableau

Les personnes autistes sont quatre fois plus susceptibles de connaître une dépression au cours de leur vie par rapport à la population générale.

Les signes d’alerte peuvent être différents de ceux observés dans la population neurotypique : isolement accru, irritabilité, crises de colère plus fréquentes… et parfois, une souffrance silencieuse difficile à détecter.

7. Les troubles gastro-intestinaux : quand le ventre fait de la résistance

On parle peu des troubles digestifs, et pourtant ils concernent près de la moitié des personnes autistes en souffrent régulièrement. Constipation, diarrhée, douleurs abdominales chroniques… Ces désagréments sont souvent liés à une alimentation particulière, au stress ou à des hypersensibilités alimentaires.

Certains chercheurs explorent l’hypothèse d’un lien entre le microbiote intestinal et l’autisme, ouvrant la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques basées sur l’alimentation et la santé digestive.

8. Les troubles sensoriels : hypersensibilité et hyposensibilité

Le système sensoriel des personnes autistes est souvent bien plus réactif que celui des neurotypiques. Lumières trop vives, bruits agressifs, vêtements inconfortables… autant de détails qui peuvent rendre le quotidien éprouvant.

À l’inverse, certaines personnes autistes ont une hyposensibilité et peuvent rechercher des stimulations fortes : besoin de pression physique (comme des couvertures lestées), envie de toucher certaines textures, ou absence de réaction à la douleur.

Une approche globale indispensable

Les troubles associés à l’autisme peuvent être nombreux et variés, mais une prise en charge adaptée permet souvent d’améliorer la qualité de vie des personnes concernées. Détection précoce, aménagements spécifiques et accompagnement bienveillant sont autant de leviers pour mieux gérer ces comorbidités.

Et même si ces invités surprise ne sont pas toujours les bienvenus, il est possible d’apprendre à mieux cohabiter avec eux… ou, du moins, à réduire leur impact sur la vie quotidienne.